Death of a salesman- mort d’un commis de voyageur

« BIFF : Cet après-midi, je me suis retrouvé dans cet escalier, ce stylo à la main, fuyant comme un perdu, et tout à coup, au centre de cet immeuble de bureaux, sur les marches de fer de cet escalier, j’ai vu, j’ai vu par une toute petite meurtrière, trouant le béton, le ciel, l’immensité bleue du ciel et je me suis senti tellement heureux, tellement soulagé ! Et puis je me suis souvenu de tout ce que j’aimais en ce monde : travailler de mes mains, manger du fromage en plein air, fumer allongé sur l’herbe au pied d’un arbre, alors, j’ai regardé ce stylo en plaqué or et je me suis demandé ce qu’il faisait dans ma main, pourquoi je courais ainsi, pour échapper à qui, à quoi, pourquoi tous ces efforts pour devenir autre chose que ce que je suis, pourquoi enfin je venais de passer toute une journée sur le paillasson de ce gros crétin abject, en attendant, en espérant qu’il daigne m’honorer d’un regard de ses yeux vides ! Pourquoi ? alors que tout ce que j’aime au monde m’attendait dehors, sous le ciel du bon Dieu ! C’est alors, papa, que la peur m’a quitté et que j’ai eu envie de vivre et de t’expliquer ça, simplement ça, tu comprends ?

WILLY : Parfaitement, c’est ta vie, gâche-la !

BIFF : Papa, comprends donc enfin, des types comme toi et moi, on en fait des soldes, pas du premier choix ! »

L’éventail de Lady Windermere

« DUMBY : Bonsoir, Lady Stutfield. Je présume que ce sera le dernier bal de la saison.
LADY STUTFIELD : Je le présume, Mr Dumby. La saison fut exquise, n’est-ce pas ?
DUMBY : Tout à fait exquise ! Bonsoir, duchesse. Je présume que ce sera le dernier bal de la saison.
LA DUCHESSE DE BERWICK : Je le présume, Mr Dumby. La saison fut bien ennuyeuse, n’est-ce pas ?
DUMBY : Affreusement ennuyeuse ! Affreusement ennuyeuse !
MRS COWPER-COWPER : Bonsoir, Mr Dumby. Je présume que ce sera le dernier bal de la saison ?
DUMBY : Oh, je ne le crois pas. Il y en aura probablement deux de plus. »

Dom Juan

« DOM JUAN : Ecoute. Si tu m’importunes davantage de tes sottes moralités, si tu me dis encore le moindre mot là-dessus, je vais appeler quelqu’un, demander un nerf de boeuf, te faire tenir par trois ou quatre, et te rouer de mille coups. M’entends-tu bien ?

SGANARELLE : Fort bien, Monsieur, le mieux du monde. Vous vous expliquez clairement ; c’est ce qu’il y a de bon en vous, que vous n’allez point chercher de détours : vous dites les choses avec une netteté admirable. »