LA DECISION

« Cet après-midi là, j’avais reçu un couple dont la petite fille de neuf ans était morte dans un attentat. Il n’existe pas de mot dans la langue française pour désigner celui qui a perdu son enfant, alors qu’il y en a un — “orphelin” — pour celui qui a perdu son père ou sa mère, comme s’il s’agissait d’une situation impossible à définir, à qualifier : un vide moral et juridique. Quand je recevais ces parents ravagés par le chagrin, je devais paraître à la fois présente et solide, faire preuve de tact et de pédagogie, être à l’écoute mais aussi savoir qu’ils pouvaient, en retour, chercher à me déstabiliser. »