La chronique des Bridgerton tome 9

« Y a-t-il une chance que vous soyez capable de vous abstenir de blasphémer en compagnie des dames ? Demanda Simon, le Duc de Hastings, le mari de Daphné.

-Ce n’est pas une dame, grommela Anthony. C’est ma soeur.

-C’est ma femme.

Anthony sourit.

-C’était d’abord ma soeur.

Simon se tourna vers Kate, qui tapait son maillet vert contre l’herbe, dont-elle avait dit être satisfaite, mais Anthony la connaissait bien.

-Comment, demanda t-il, arrivez-vous à le supporter ?

Elle haussa les épaules.

-C’est un talent que peu de personnes possèdent. »

NUMERO DEUX

« On associe toujours le hasard à une force positive qui nous propulse vers des moments merveilleux. De manière étonnante, sa version négative est très rarement évoquée, comme si le hasard avait confié la gestion de son image à un génie de la communication. La preuve : on dit communément que le hasard fait bien les choses, ce qui occulte totalement l’idée qu’il peut tout autant mal les faire. »

LA DECISION

« Cet après-midi là, j’avais reçu un couple dont la petite fille de neuf ans était morte dans un attentat. Il n’existe pas de mot dans la langue française pour désigner celui qui a perdu son enfant, alors qu’il y en a un — “orphelin” — pour celui qui a perdu son père ou sa mère, comme s’il s’agissait d’une situation impossible à définir, à qualifier : un vide moral et juridique. Quand je recevais ces parents ravagés par le chagrin, je devais paraître à la fois présente et solide, faire preuve de tact et de pédagogie, être à l’écoute mais aussi savoir qu’ils pouvaient, en retour, chercher à me déstabiliser. »