« Si tu devais rester bloquée dans une seule saison, laquelle tu choisirais ? demande Henry.
– Le printemps, répond-elle. Quand tout renaît.
– Moi, l’automne, répond-il. Quand tout s’efface. »
« Si tu devais rester bloquée dans une seule saison, laquelle tu choisirais ? demande Henry.
– Le printemps, répond-elle. Quand tout renaît.
– Moi, l’automne, répond-il. Quand tout s’efface. »
« Finalement, j’ai compris qu’être heureux, ça peut être au contraire choisir de faire table rase du passé, perdre des gens pour prendre le risque d’en rencontrer d’autres. Être heureux, c’est quelque chose qu’on obtient quand on a eu le courage de tout envoyer balader et qu’on a pris le risque de tout recommencer à zéro. Être heureux, ce n’est pas la sérénité, le calme et le bonheur sans vagues. C’est au contraire être capable de tout faire voler en éclats, de tout remettre en question, toute sa vie si on le souhaite. »
» Personne ne vous a donc jamais dit, demanda Kamenev, que le up et le down sont le yin et le yang de la langue anglaise, ses points cardinaux, sa raison d’être ? »
« Comment ça ? Mais non ! » s’affola Marguerite, choquée que Madame Kessler ait ainsi failli à son devoir.
« C’est une langue obsédée par la verticalité », dit Kamenev derrière son journal. « Il faut toujours qu’elle précise ce qui est en haut et ce qui est en bas. Quand on a une idée, on think up quelque chose. Quand on méprise quelqu’un, on le look down. Quand on cherche une maison plus petite, on veut faire du downsizing, alors qu’un meilleur appartement sera plus upmarket. «
« J’ai avancé trop vite, trop loin, et j’ai piétiné le talon de la fille devant moi. Elle s’est retournée. J’ai paniqué. J’étais certaine qu’elle allait m’humilier, me hurler dessus, me rabaisser devant tout le monde. Mais cette crainte s’est dissipée dès que j’ai aperçu son visage. Ça paraît ridicule, je sais, mais Marnie Gregory ressemble à un soleil. Je le pensais à l’époque, je le pense encore aujourd’hui. »
« – Qu’est-ce qu’il a en lui, papa ? demandai-je.- Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir.- Indien, blanc et nègre ?- Oui.- Alors qu’est-ce que je suis ?- Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur, répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda : – Vous n’y voyez pas d’inconvénient, Monsieur Wright ? »
« Le Yin est noir, le Yang est blanc, explique-t-il en détaillant le croquis. Le Yin et le yang sont aussi différents que la nuit et le jour, le vide et plein, le froid et le chaud…le mal et le bien. Pourtant, regardez : il y a un point blanc dans la partie noire, et un point noir dans la partie blanche. Parce que rien n’est jamais tout noir, ni tout blanc. Parce que personne n’est jamais entièrement mauvais, ni entièrement bon. »