Bel Ami

Auteur : Guy de Maupassant Année de parution : 1885 Thèmes : Journalisme, place de la Femme, ascension sociale Nombre de pages : 394 Résumé : Georges Duroy déménage à Paris, dans l’espoir de faire carrière dans le journalisme. Il veut devenir un homme du monde. Grâce à son ami de longue date Forestier mais…

Moon Brothers

« Alors donc,
faites tout ce que vous voulez, même si
on essaie de verrouiller votre porte d’entrée.
Soyez courageux,
Ouvrez la porte du jardin à minuit,
laissez entrer les bruits, ou les démons,
je sais pas, moi, courez, échappez-vous si nécessaire,
si c’est la seule chose à faire
pour pouvoir vivre. Et si quelqu’un tente de vous arrêter,
dites lui que votre vie c’est la seule chose
que vous puissiez sauver. »

Dom Juan

« DOM JUAN : Ecoute. Si tu m’importunes davantage de tes sottes moralités, si tu me dis encore le moindre mot là-dessus, je vais appeler quelqu’un, demander un nerf de boeuf, te faire tenir par trois ou quatre, et te rouer de mille coups. M’entends-tu bien ?

SGANARELLE : Fort bien, Monsieur, le mieux du monde. Vous vous expliquez clairement ; c’est ce qu’il y a de bon en vous, que vous n’allez point chercher de détours : vous dites les choses avec une netteté admirable. »

L’Estrange malaventure de Mirella

« Urbs pestilentia adflicta est.

Comme nul dans la foule ne réagissait, le bourgmestre traduisit :

— Il se dit que la peste est dans la ville.

Sitôt, le mot déclencha un murmure épeuré. Tout le jour, les habitants l’avaient prononcé tout bas. Voilà que le bourgmestre le clamait haut et fort : cela valait presque confirmation. La peste noire, portée par les rats infectés, tuait des bourgs entiers en quelques semaines. »

Les liaisons Dangereuses

« Lettre CLIII : Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.

Je réponds sur-le-champ à votre Lettre, et je tâcherai d’être clair ; ce qui n’est pas facile avec vous, quand une fois vous avez pris le parti de ne pas entendre.
De longs discours n’étaient pas nécessaires pour établir que chacun de nous ayant en main tout ce qu’il faut pour perdre l’autre, nous avons un égal intérêt à nous ménager mutuellement : aussi, ce n’est pas de cela dont il s’agit. Mais encore entre le parti violent de se perdre, et celui, sans doute meilleur, de rester unis comme nous l’avons été, de le devenir davantage encore en reprenant notre première liaison, entre ces deux partis, dis-je, il y en a mille autres à prendre. Il n’était donc pas ridicule de vous dire, et il ne l’est pas de vous répéter que, de ce jour même, je serai ou votre Amant ou votre ennemi. »

La peste

« Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l’ordre immuable, qu’il a établi une fois pour toutes, conduit à l’hérésie. Mais, du moins, cet exemple comporte sa leçon. A nos esprits plus clairvoyants, il fait valoir seulement cette lueur exquise d’éternité qui gît au fond de toute souffrance. Elle éclaire, cette lueur, les chemins crépusculaires qui mènent vers la délivrance. Elle manifeste la volonté divine qui, sans défaillance, transforme le mal en bien. Aujourd’hui encore, à travers ce cheminement de mort, d’angoisses et de clameurs, elle nous guide vers le silence essentiel et vers le principe de toute vie. Voilà, mes frères, l’immense consolation que je voulais vous apporter pour que ce ne soient pas seulement des paroles qui châtient que vous emportiez d’ici, mais aussi un verbe qui apaise. »