Je revenais des autres

Auteur : Melissa Da Costa Année de parution : 2017 Nombre de pages : 696 Thèmes abordés : maladie, amour, amitié, nouveau départ Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui. Quand, submergée par le vide de sa vie,…

NUMERO DEUX

« On associe toujours le hasard à une force positive qui nous propulse vers des moments merveilleux. De manière étonnante, sa version négative est très rarement évoquée, comme si le hasard avait confié la gestion de son image à un génie de la communication. La preuve : on dit communément que le hasard fait bien les choses, ce qui occulte totalement l’idée qu’il peut tout autant mal les faire. »

LA DECISION

« Cet après-midi là, j’avais reçu un couple dont la petite fille de neuf ans était morte dans un attentat. Il n’existe pas de mot dans la langue française pour désigner celui qui a perdu son enfant, alors qu’il y en a un — “orphelin” — pour celui qui a perdu son père ou sa mère, comme s’il s’agissait d’une situation impossible à définir, à qualifier : un vide moral et juridique. Quand je recevais ces parents ravagés par le chagrin, je devais paraître à la fois présente et solide, faire preuve de tact et de pédagogie, être à l’écoute mais aussi savoir qu’ils pouvaient, en retour, chercher à me déstabiliser. »

brexit romance

 » Personne ne vous a donc jamais dit, demanda Kamenev, que le up et le down sont le yin et le yang de la langue anglaise, ses points cardinaux, sa raison d’être ? »

« Comment ça ? Mais non ! » s’affola Marguerite, choquée que Madame Kessler ait ainsi failli à son devoir.

« C’est une langue obsédée par la verticalité », dit Kamenev derrière son journal. « Il faut toujours qu’elle précise ce qui est en haut et ce qui est en bas. Quand on a une idée, on think up quelque chose. Quand on méprise quelqu’un, on le look down. Quand on cherche une maison plus petite, on veut faire du downsizing, alors qu’un meilleur appartement sera plus upmarket. «