« Je ne sais pas comment on peut passer de l’amour fou à plus rien. Je ne sais pas comment on peut dire : je veux passer ma vie avec toi, et tout arrêter brusquement. »
Roman
Plein Gris
« Il y a cette règle immuable, je crois, cette règle maritime que je fais mienne et que mes amis semblent valider : ce qui se passe en mer reste en mer. Je décide que notre silence n’est pas coupable même si mon geste l’est. Aucun adulte n’insiste pour avoir les détails. Plus tard, peu-être, ils oseront. Mais pour l’instant nous sommes des miraculés, des héros. Des assassins. Nous apprenons à nous taire. Sachant confusément que ce silence nous engage et nous lie pour toujours. »
Le soleil est pour toi
« Mais peut-être que chacun de nous contient plusieurs personnes, en réalité. Comme des strates supplémentaires qu’on se rajoute en permanence. Et qu’on intègre en soi chaque fois qu’on fait des choix, bons ou mauvais, qu’on rate quelque chose, qu’on progresse, qu’on perd la tête, qu’on retrouve ses esprits, qu’on se sépare, qu’on tombe amoureux, qu’on fait son deuil, qu’on grandit, qu’on se retire du monde, qu’on se jette dedans à corps perdu, qu’on fait des choses et qu’on en détruit. »
Sorcery of Thorns
« Je crois… Je crois que j’étais déjà un peu mort, avant que vous n’arriviez. (Il tourna la tête pour la regarder.) C’est un honneur de me battre à votre côté, Elisabeth, pour le temps que cela durera. Vous m’avez rappelé ce que c’était que d’être en vie, et combien il est précieux d’avoir quelque chose à perdre. »
Cruelles
« Ma sœur était mon être humain préféré. Elle me manquera toute ma vie. Aujourd’hui, j’ai la télécommande pour moi tout seul et mon Ipod est toujours chargé. Mais je voudrais juste que ma sœur revienne. Et ça n’arrivera jamais »
Songe à la douceur
« Elles ont cette douce disgrâce des choses qu’on trouvait belles avant, cette saveur aigrelette des choses que l’on regrette quelques années plus tard.
Ces grands serments, ces gigantesque promesses, ces phrases folles, ces métaphores qui nous font après coup crisser des dents, ces monstrueuses hyperboles, ces anaphores ridicules, et qui pourtant alors nous paraissaient si vraies, si belles, que nous pensions nous être coulé en elles jusqu’à n’avoir plus de corps que les courbes de leurs majuscules, et d’autre réalité que les murmures, et que les mouvements des lèvres, de celui ou celle
à qui elles étaient destinées et qui les lisait quelque part roulant sur sa langue nos « r » et faisant frissonner nos « f »…
Il nous semblait alors que nous n’étions rien de plus et rien de moins que ce souffle chaud : la sculpture de nos mots ouvragée par ces lèvres. »
