« -Quant à vous, reprit cette dernière à l’adresse de Benedict, attendez-moi en bas. Il faut que nous ayons une petite conversation, vous et moi.
– Je tremble de peur, fit Benedict, feignant l’effroi.
– De lui ou de son frère, je ne sais lequel me tuera le premier, gémit lady Bridgerton.
– Quel frère?
– Chacun. Tous. Les quatre. Ce ne sont que des voyous. »
place de la femme
Les Chroniques de Bridgerton 1 & 2
« On ne vous a jamais dit que vous étiez une exaspérante jeune personne, miss Bridgerton ?
— La plupart des gens me trouvent bienveillante et généreuse.
— La plupart des gens sont des imbéciles, rétorqua Simon.
Elle pencha la tête de côté, comme pour peser ces paroles. Puis elle posa son regard vers Nigel et laissa échapper un soupir las.
— C’est terrible, mais j’ai bien peur d’être d’accord avec vous.
Simon réprima un sourire.
— Qu’est-ce qui est terrible ? Le fait d’être d’accord avec moi, ou celui de constater que la plupart des gens sont des imbéciles ?
— Les deux… dit-elle en lui décochant un sourire lumineux.
Lorsqu’elle le regardait ainsi, il perdait le fil de ses idées.
— … mais surtout le premier, précisa-t-elle. »
Bel Ami
« La vie est une côte. Tant qu’on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux; mais, lorsqu’on arrive en haut, on aperçoit tout d’un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. A votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses, qui n’arrivent jamais d’ailleurs. Au mien, on n’attend plus rien… que la mort. »
Les Choses Humaines
« Comment basculait-on? Ce qui s’exprimait dans les salles d’un tribunal, c’était le récit d’existences saccagées, c’était la violence, les blessures d’humiliation, la honte d’être à la mauvaise place, d’avoir cédé aux déterminismes, au désir, à l’orgueil; d’avoir commis une faute, une erreur de jugement; d’avoir été léger, cupide, manipulé,manipulable, impuissant, inconstant, injuste, d’avoir trop aimé le sexe, l’argent, les femmes, l’alcool, les drogues; d’avoir souffert ou fait souffrir; d’avoir fait confiance, par aveuglement/amour/faiblesse; la honte d’avoir été violent, égoïste,d’avoir volé/violé/tué/trahi; de s’être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, de payer pour son enfance, les erreurs de ses parents, les abus des hommes, leur propre folie, la honte de dévoiler sa vie, son intimité, livrée sans condition à des inconnus; de raconter la peur qui les intoxiquait, comme une seconde peau urticante, une perfusion venimeuse; la honte d’avoir gâché chacune de ses chances avec application. »
Vox
« Réfléchissez. Réfléchissez à ce qui vous arrivera, et à ce qui arrivera à vos filles, lorsque les lois nous feront remonter le temps. Réfléchissez aux expressions comme « autorisation du conjoint » ou « consentement paternel ». Réfléchissez au moment où vous vous réveillerez, un beau matin, en constatant que vous n’avez plus voix au chapitre. »
