« Mais peut-être que chacun de nous contient plusieurs personnes, en réalité. Comme des strates supplémentaires qu’on se rajoute en permanence. Et qu’on intègre en soi chaque fois qu’on fait des choix, bons ou mauvais, qu’on rate quelque chose, qu’on progresse, qu’on perd la tête, qu’on retrouve ses esprits, qu’on se sépare, qu’on tombe amoureux, qu’on fait son deuil, qu’on grandit, qu’on se retire du monde, qu’on se jette dedans à corps perdu, qu’on fait des choses et qu’on en détruit. »
Deuil
Le ciel est partout
« quand je suis avec lui, il y a quelqu’un avec moi dans ma maison du deuil, quelqu’un qui connaît son architecture aussi bien que moi, capable d’y errer avec moi, d’une pièce triste à l’autre si bien que la structure oscillante de vent et de vide n’est plus aussi effrayante et solitaire qu’avant. »
Réparer les vivants
« Car les yeux de Simon, ce n’était pas seulement sa rétine nerveuse, son iris de taffetas, sa pupille d’un noir pur devant le cristallin, c’était son regard ; sa peau, ce n’était pas seulement le maillage fileté de son épiderme, ses cavités poreuses, c’était sa lumière et son toucher, les capteurs vivants de son corps. »
54 Minutes
« – Le deuil est un trou béant, pas vrai ? dis-je doucement.
Je ne sais même pas s’il m’entend, mais ces paroles sont autant pour moi que pour lui.
– Il est partout, il consume tout. Certains jours, tu crois ne plus pouvoir continuer parce que le désespoir est la seule chose qui t’attend. Certains jours, tu ne veux pas continuer parce qu’il est plus facile d’abandonner que d’être à nouveau blessé. »
Le Bleu de tes mots
« Je ne crois pas qu’on puisse dater une telle lettre. Par définition, une lettre d’amour devrait être intemporelle, sinon quel intérêt ? Je t’aime, mais seulement pendant l’année 2012 et puis après mon amour expire ? C’est quoi, le problème de l’univers avec l’éternité ? »
