A la folie

« Quand je lui demande qui est fou, le médecin répond le fou est celui qui se prend la réalité en pleine gueule. La plus petite parcelle de matière fond sur lui comme une météorite en feu, une goutte de pluie est d’acide, une poussière du poison, un coup d’oeil un coup de poignard. Rien ne le protège, tout fait violence, les traits se déforment sous l’impulsion d’une parole anodine ; le monde, les autres, les couleurs, les mouvements viennent d’imprimer directement au fer rouge sur le plan à vif de son visage. »

LA DECISION

« Cet après-midi là, j’avais reçu un couple dont la petite fille de neuf ans était morte dans un attentat. Il n’existe pas de mot dans la langue française pour désigner celui qui a perdu son enfant, alors qu’il y en a un — “orphelin” — pour celui qui a perdu son père ou sa mère, comme s’il s’agissait d’une situation impossible à définir, à qualifier : un vide moral et juridique. Quand je recevais ces parents ravagés par le chagrin, je devais paraître à la fois présente et solide, faire preuve de tact et de pédagogie, être à l’écoute mais aussi savoir qu’ils pouvaient, en retour, chercher à me déstabiliser. »

Moon Palace

« J’avais sauté du haut d’une falaise, et puis, juste au moment où j’allais m’écraser en bas, il s’est passé un évènement extraordinaire : j’ai appris que des gens m’aimaient. D’être aimé ainsi, cela fait toute la différence. Cela ne diminue pas la terreur de la chute, mais cela donne une perspective nouvelle à la signification de cette terreur. J’avais sauté de la falaise, et puis, au tout dernier moment, quelque chose s’est interposé et m’a rattrapé en plein vol. Quelque chose que je définis comme l’amour. C’est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité. »

The revolution of Ivy

« Je suis encore effrayée parfois, mais maintenant, je sais qui je suis. Ma naissance s’est faite dans la douleur et dans le sacrifice, dans la joie et dans l’amour inconditionnel. Je suis plus forte qu’avant, capable de prendre des décisions difficiles sans fléchir, mais je ne suis pas dure. J’ai peut-être les mains sales, mais mon âme reste pure. J’aime plus profondément que je ne l’aurais cru possible, sais jusqu’où je peux aller pour protéger ceux qui me sont chers. Je suis en mesure de survivre ici, mais aussi de vivre tout court. Je peux abattre un chevreuil pour le repas du soir et apprécier la beauté d’un aigle solitaire qui s’élance dans un ciel bleu éclatant. Je peux tenir en respect un inconnu avec mon poignard, mais aussi rire avec mes amis autour de la chaleur d’un feu de camp. Je peux vivre avec la peur de perdre Bishop et l’aimer avec passion malgré tout. »