Too late

« La beauté physique n’a rien à voir avec l’amour. Il ne naît pas de l’attirance qu’on ressent l’un pour l’autre. L’amour ne naît pas des rires qu’on partage. L’amour ne naît même pas de ce qu’on peut avoir en commun. De toute façon l’amour ne se définit pas plus qu’il ne se trouve, d’une manière ou d’une autre, dans le bonheur qu’il apporte. L’amour ne se trouve pas. Il vous trouve. »

brexit romance

 » Personne ne vous a donc jamais dit, demanda Kamenev, que le up et le down sont le yin et le yang de la langue anglaise, ses points cardinaux, sa raison d’être ? »

« Comment ça ? Mais non ! » s’affola Marguerite, choquée que Madame Kessler ait ainsi failli à son devoir.

« C’est une langue obsédée par la verticalité », dit Kamenev derrière son journal. « Il faut toujours qu’elle précise ce qui est en haut et ce qui est en bas. Quand on a une idée, on think up quelque chose. Quand on méprise quelqu’un, on le look down. Quand on cherche une maison plus petite, on veut faire du downsizing, alors qu’un meilleur appartement sera plus upmarket. « 

Les collisions

« L’humain devrait se soucier de ce qui est véritablement important.
– Genre?
– Le fait qu’on soit une calamité. Et ça va bien au-delà de notre système. Espèce douée d’intelligence… Tu parles! Faut voir ce qu’on en fait de notre gros cerveau : on sait aller sur la lune et on a le matériel pour faire sauter la planète en quelques secondes, mais la moitié de la population crève de faim et on ne peut toujours pas soigner le cancer. L’humain, c’est de la grosse saloperie. »

Et ils meurent tous les deux à la fin

« Je t’aurais aimé si on avait eu plus de temps. (Je finis par lâcher le morceau parce que c’est ce que je ressens en ce moment, et ce que j’ai ressenti pendant toutes les secondes, minutes et heures qu’on a passés ensemble.) Peut-être que je t’aime déjà. J’espère que tu ne m’en veux pas de te dire un truc pareil, mais je sais que je suis heureux. Les gens ont tout un tas de règles pour savoir au bout de combien de temps on a le droit de dire ça. Même s’il nous reste peu de temps, je ne te mentirai pas. Les gens gaspillent du temps à attendre le bon moment, malheureusement on n’a pas ce luxe. Si on avait toute notre vie devant nous, je parie que t’en aurais marre de m’entendre te répéter à quel point je t’aime, parce que je suis sûr que c’est ce qui se serait passé. Mais comme on va mourir, je peux te le dire autant de fois que je veux : je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime. »