Jamais Plus

« On se ressemble », a-t-il dit. Là, je l’ai regardé dans les yeux. « Toi et moi ? » « Non, les plantes et les humains. Les plantes ont besoin d’amour pour survivre. Les humains aussi. Dès la naissance, on a besoin de l’amour de nos parents pour survivre. S’ils nous accordent assez d’attention, on devient de meilleurs humains. Mais s’ils nous négligent… » Il s’est interrompu, l’air triste, s’est essuyé les mains sur ses genoux comme pour en ôter les dernières traces de terre. « S’ils nous négligent, on se retrouve S.D.F. et incapable d’accomplir aucune action valable. » Ses paroles m’ont mis le cœur à l’envers. Je ne savais pas quoi répondre. Était-ce ainsi qu’il se voyait ? Il allait se relever quand j’ai prononcé son nom. Du coup, il s’est rassis dans l’herbe et je lui ai désigné la rangée d’arbres qui longeaient la clôture gauche du jardin. « Tu vois le plus haut de tous ? » Au milieu se dressait un chêne qui dominait les autres. « Il a poussé tout seul. La plupart des plantes ont besoin de beaucoup de soins pour survivre. Mais d’autres, comme les arbres, sont assez fortes pour ne se fier qu’à elles-mêmes. » Je ne savais pas trop s’il comprenait où je voulais en venir, mais il devait comprendre qu’il était assez fort pour survivre à tout ce qui avait pu lui arriver dans l’existence. Je ne le connaissais pas bien, mais je voyais qu’il était résistant. Infiniment plus que je ne le serais sans doute à sa place. Il ne quittait plus l’arbre des yeux, au point de ne plus cligner des paupières. Quand, enfin, il les a remuées, ça n’a été que très légèrement, avant de se remettre à considérer la pelouse. À la façon dont sa bouche se tordait, j’ai cru qu’il allait faire la grimace, et puis non, il a souri légèrement. »

Girlhood

« Ça doit être très étrange pour toi, qui viens d’un milieu social si… différent. Ne te méprends pas – je ne dis pas que c’est une mauvaise chose ! Au contraire, c’est fascinant. Et tu sais que ma mère a toujours défendu la cause de la classe ouvrière. Les ‘familles de travailleurs’ et ce genre de trucs. »

La mère de Marcy fait de la politique. Toujours en train de débiter des âneries à propos de l’égalité et de la mobilité sociale au journal télévisé tout en votant résolument contre toute nouvelle législation qui pourrait vraiment aider le peuple. »

Phobos- Tome 2

« On est en danger depuis le premier jour de notre vie, depuis notre premier souffle, notre premier cri. Tu sais pourquoi j’aime tant les roses? Pas parce que sont des fleurs romantiques ou parce qu’elles permettent de jouer les jolis cœur, comme tu me l’as reproché lors de notre première rencontre. Les roses n’ont rien de mièvre ou de gentil, elles sont juste vraies. Cruellement vraies. Si leurs pétales nous montrent que la vie est belle à couper le souffle, leurs épines nous rappellent qu’elle est dangereuse à en crever. »

Zalim- Tome 2

« Une fois encore, elle se rendait compte que ses conversations secrètes avec Zalim lui avaient manqué. Elle ne comprenait pas vraiment cet attachement étrange qui se nouait entre eux. Quand elle pensait au démon, autrefois, elle ne ressentait que répulsion pour cette créature sanguinaire, responsable de la mort de sa mère. Mais à présent, elle ne pouvait nier le lien qui se tissait. C’était comme si elle avait besoin de lui, de sa présence, de sa chaleur, de sa force… et de ses mots… »