Awake

« Bethan à apporté un bol en bambou.
Donald y a versé mon sang et j ai vu des filets de sang se mélanger à l eau. J ai levé les yeux vers Noah. Il me fixait toujours avec la même expression.
– Nous ne deviendrons qu un . Nous partagerons sa lumière, à récité Donald, invitant les autres à changer de prière.
Fiona à portée le bol à ses lèvres.
Ils allaient tous boire mon sang !! »

Les gratitudes

« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, les secrets, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, autour d’un prénom, d’une image, d’un parfum. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.

Et la peur de mourir.

Cela fait partie de mon métier.

Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui – encore aujourd’hui, après plus de 10 ans de pratique – me coupe parfois le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas.

Je regarde mes vieux, ils ont 70, 80, 90 ans, ils me racontent des souvenirs lointains, ils me parlent d’époques anciennes, ancestrales, préhistoriques, leurs parents sont morts depuis 15, 20, 30 ans, mais la douleur de l’enfant qu’ils ont été est toujours là. Intacte. »

Là où chantent les écrevisses

“Pense surtout pas que la poésie, c’est rien qu’un truc de filles. Il y a des poèmes d’amour à l’eau de rose, c’est sûr, mais y en a aussi des drôles, beaucoup qui parlent de la nature, et même de la guerre. L’idée au fond c’est qu’ils te font toujours ressentir quelque chose.” Son père lui avait dit de nombreuses fois que la définition d’un homme, un vrai, c’était qu’il savait pleurer sans honte, qu’il pouvait lire de la poésie avec son cœur, que l’opéra touchait son âme, et qu’il savait faire ce qu’il fallait pour défendre une femme. »