« -Harry? dit Mr Weasley sans comprendre. Harry qui?
Il regarda autour de lui et sursauta en voyant enfin Harry.
-Dieu du ciel! C’est Harry Potter? Ravi de faire ta connaissance! Ron nous a tellement parlé de toi…
-Tes fils sont allés chercher Harry dans cette voiture volante! s’exclama Mrs Weasley. Alors, qu’est-ce que tu dis de ça?
-Vraiment, vous l’avez fait voler? dit Mr Weasley, très intéressé. Et elle a bien marché? Je… je veux dire… balbutia-t-il en voyant les yeux de sa femme lancer des éclairs, c’est…c’est très mal, les enfants… Vraiment très mal…
-Viens, il vaut mieux les laisser, chuchota Ron à l’oreille de Harry, tandis que Mrs Weasley enflait comme un crapaud-buffle. »
Mois : avril 2021
Harry Potter à l’école des sorciers
« Ici dans mon cours, on ne s’amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m’attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d’un chaudron qui bouillonne doucement […], ni à la délicatesse d’un liquide qui s’insinue dans les veines d’un être pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu’une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours… Cette entrée en matière fut suivie d’un long silence. Harry et Ron échangèrent un regard en levant les sourcils. Hermione Granger était assise tout au bord de sa chaise et avait visiblement hâte de prouver qu’elle n’avait rien d’un cornichon. »
La Princesse de Clèves
« Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l’éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’amour ; elle lui montrait ce qu’il a d’agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d’un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d’une honnête femme, et combien la vertu donnait d’éclat et d’élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s’attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimée. »
Paul et Virginie
“J’aime bien ma mère, j’aime bien la tienne; mais quand elles t’appellent mon fils, je les aime encore davantage. Les caresses qu’elles te font, me sont plus sensibles que celles que j’en reçois. Tu me demandes pourquoi tu m’aimes; mais tout ce qui a été élevé ensemble, s’aime. Vois nos oiseaux; élevés dans les mêmes nids, ils s’aiment comme nous, ils sont toujours ensemble comme nous.”
Le Malade Imaginaire
« BÉRALDE.- Vous voulez bien, mon frère, que je vous demande avant toute chose, de ne vous point échauffer l’esprit dans notre conversation.
ARGAN.- Voilà qui est fait.
BÉRALDE.- De répondre sans nulle aigreur aux choses que je pourrai vous dire.
ARGAN.- Oui.
BÉRALDE.- Et de raisonner ensemble sur les affaires dont nous avons à parler, avec un esprit détaché de toute passion.
ARGAN.- Mon Dieu oui. Voilà bien du préambule.
BÉRALDE.- D’où vient, mon frère, qu’ayant le bien que vous avez, et n’ayant d’enfants qu’une fille ; car je ne compte pas la petite : d’où vient, dis-je, que vous parlez de la mettre dans un couvent ?
ARGAN.- D’où vient, mon frère, que je suis maître dans ma famille, pour faire ce que bon me semble ?
BÉRALDE.- Votre femme ne manque pas de vous conseiller de vous défaire ainsi de vos deux filles, et je ne doute point, que par un esprit de charité elle ne fût ravie de les voir toutes deux bonnes religieuses. »
Les Chroniques de Bridgerton 1 & 2
« On ne vous a jamais dit que vous étiez une exaspérante jeune personne, miss Bridgerton ?
— La plupart des gens me trouvent bienveillante et généreuse.
— La plupart des gens sont des imbéciles, rétorqua Simon.
Elle pencha la tête de côté, comme pour peser ces paroles. Puis elle posa son regard vers Nigel et laissa échapper un soupir las.
— C’est terrible, mais j’ai bien peur d’être d’accord avec vous.
Simon réprima un sourire.
— Qu’est-ce qui est terrible ? Le fait d’être d’accord avec moi, ou celui de constater que la plupart des gens sont des imbéciles ?
— Les deux… dit-elle en lui décochant un sourire lumineux.
Lorsqu’elle le regardait ainsi, il perdait le fil de ses idées.
— … mais surtout le premier, précisa-t-elle. »
