Le Malade Imaginaire

« BÉRALDE.- Vous voulez bien, mon frère, que je vous demande avant toute chose, de ne vous point échauffer l’esprit dans notre conversation.
ARGAN.- Voilà qui est fait.
BÉRALDE.- De répondre sans nulle aigreur aux choses que je pourrai vous dire.
ARGAN.- Oui.
BÉRALDE.- Et de raisonner ensemble sur les affaires dont nous avons à parler, avec un esprit détaché de toute passion.
ARGAN.- Mon Dieu oui. Voilà bien du préambule.
BÉRALDE.- D’où vient, mon frère, qu’ayant le bien que vous avez, et n’ayant d’enfants qu’une fille ; car je ne compte pas la petite : d’où vient, dis-je, que vous parlez de la mettre dans un couvent ?
ARGAN.- D’où vient, mon frère, que je suis maître dans ma famille, pour faire ce que bon me semble ?
BÉRALDE.- Votre femme ne manque pas de vous conseiller de vous défaire ainsi de vos deux filles, et je ne doute point, que par un esprit de charité elle ne fût ravie de les voir toutes deux bonnes religieuses. »

Les Chroniques de Bridgerton 1 & 2

« On ne vous a jamais dit que vous étiez une exaspérante jeune personne, miss Bridgerton ?
— La plupart des gens me trouvent bienveillante et généreuse.
— La plupart des gens sont des imbéciles, rétorqua Simon.
Elle pencha la tête de côté, comme pour peser ces paroles. Puis elle posa son regard vers Nigel et laissa échapper un soupir las.
— C’est terrible, mais j’ai bien peur d’être d’accord avec vous.
Simon réprima un sourire.
— Qu’est-ce qui est terrible ? Le fait d’être d’accord avec moi, ou celui de constater que la plupart des gens sont des imbéciles ?
— Les deux… dit-elle en lui décochant un sourire lumineux.
Lorsqu’elle le regardait ainsi, il perdait le fil de ses idées.
— … mais surtout le premier, précisa-t-elle. »